
L'association entre La Maroquinerie - salle à la programmation irréprochable - et le Festival Les Nuits de l'Alligator a pris la bonne habitude de proposer de jeunes talents en devenir, des artistes confirmés et des rencontres improbables. Rebelote pour cette sixième édition, avec une belle sélection sillonnant la France deux semaines durant en février. Ce soir, on prenait peu de risque sachant que Timber Timbre était de la partie. Mais CW Stoneking et, plus encore, les Puta Madre Brothers ont contribué à faire de cette soirée une belle réussite.

Le concert part dans tous les sens : leur musique évoque un blues des îles, du surf rock coloré, un délire rock & roll 50's, Compay Segundo chanté par Elvis, les Shadows, Jerry Lee Lewis, Morricone,... Bref, c'est du grand n'importe quoi jubilatoire.



"No Bold Villain", qui clôt le disque, est jouée ce soir en ouverture. Taylor Kirk au centre, tiré à quatre épingles, caresse ses cordes avec une telle douceur que sa guitare est parfois à peine audible. Pika Posen (Violon / Clavier) et Simon Trottier (Lap steel guitar / Autoharp) tissent autour du chanteur une toile sonore envoûtante. Le groupe enchaîne avec "Trouble Comes Knocking", dévoilant sa face sombre, puis propose un excellent nouveau titre, "Black Water" (le nouvel album Creep On Creepin' On sort au printemps) dont le refrain s'implante durablement dans le cerveau ("all i need is some sunshiiine"). Superbe entrée en matière.
La suite est à l'avenant : la setlist alterne entre titres du dernier album et morceaux inconnus, Timbre Timbre proposant des versions réarrangées de ses chansons (avec notamment de longues intros planantes). La voix au timbre magique de Taylor Kirk occupe une place centrale, accompagnée par son jeu de guitare tout en contrastes (d'une douceur extrême entrecoupée de fulgurantes incartades), son articulation exagérée et très théâtrale, ses tics vocaux (cris à la fin des phrases). Tout ceci fait de Timber Timbre un cas vraiment à part.
Mis à part l'absence de "We'll Find Out", c'est un concert en tous points réussi que nous ont livré les canadiens. Parmi d'autres splendeurs ("No Bold Villain", "Trouble Comes Knocking", "Black Water", "Demon Host", "Until The Night Is Over", "I Get Low"), on retiendra particulièrement la version profonde et intense de "Lay Down In The Tall Grass".
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