samedi 11 février 2012

Arctic Monkeys (Casino de Paris, 31 Janvier 2012)



Pour combattre la vague de froid qui s'est abattue sur la France cette semaine, le Casino de Paris propose ce soir une double affiche qui risque de faire bondir le mercure : Miles Kane et les Arctic Monkeys. Soit, actuellement en matière de rock, la crème anglaise.

Entrée sur "Les Cactus" de Jacques Dutronc, pantalon de cuir, chemise léopard, clins d'oeils appuyés aux premiers rangs : Miles Kane ne lésine pas sur la séduction tape-à-l'oeil pour charmer son public. Tout ceci pourrait desservir l'anglais s'il n'avait pour lui une formidable collection de chansons pop.

Après la sombre "Better Left Invisible" et son riff au cordeau en guise d'amuse-bouche, le chanteur bombe le torse sur le refrain de "Counting Down The Days", bien soutenu par un public de connaisseurs. Réjouissant. On savoure ensuite la splendide "Rearrange", décidément irrésistible bijou pop. Plus étonnant, Miles Kane offre une reprise d'un titre de Jacques Dutronc ("The Responsible"), très fidèle quoi que plus musclée que l'original. Sympathique curiosité qui nous projette tout droit dans les 60's.

Miles Kane fait ensuite parler la réverb' et abreuve la salle de "ayayaya" sur l'excellente "Kingcrawler". Cette dernière, comme "Telepathy" - jouée juste dans la foulée - prouve que la science des refrains n'a plus de secrets pour le jeune anglais (25 ans). "Quicksand", toute en légèreté, apporte chaleur et entrain à une salle qui ne demande qu'à se trémousser. "My Fantasy", douceur très T-Rex dans l'esprit, se démarque de "The First Of My Kind", nouvelle chanson très énergique. Du même tonneau que les autres morceaux interprétés ce soir, elle laisse espérer une suite discographique réussie à l'excellent Colour Of The Trap.


Comme on l'espérait, "Come Closer" déclenche l'euphorie dans la salle. Grande chanson, grande performance. Miles Kane conclut son set avec un "Inhaler" gonflé aux hormones. L'anglais s'impose comme un excellent performer, même s'il en fait parfois un peu trop. Seul regret : ne pas avoir eu la chance d'entendre Alex Turner interpréter "Standing Next To Me" avec son comparse des Last Shaddow Puppets (honneur réservé aux spectateurs de l'Olympia trois jours plus tard).

Gros morceau de la soirée, les singes de l'Arctique feraient presque figure de vétérans au stade du quatrième album. A l'âge où nombre de groupes parviennent enfin à percer (26 ans de moyenne), les quatre de Sheffield ont déjà conquis une bonne partie du globe. En ouverture, on attend "Library Pictures" - comme cet été - et on s'apprête à jouer des coudes d'entrée. Alex Turner nous cueille avec "Don't Sit Down 'Cause I've Moved Your Chair". Le son est énorme, les Arctic Monkeys n'ont jamais sonné aussi heavy. Petite piqûre de rappel dans la foulée : "Teddy Picker" et "Crying Lightning" sont décidément de grandes chansons.

Si l'on excepte une parenthèse sereine où Alex Turner fait valoir ses talents de crooner ("The Hellcat Spangled Shalalala" puis "Black Treacle"), la première moitié du concert, frénétique et endiablée, nous envoie régulièrement dans les cordes. Gros sons de guitare, batterie martelée, riffs agressifs, basse lourde et setlist musclée : les Arctic Monkeys sont venus pour nous en mettre plein les oreilles. Depuis leur passage chez Josh Homme les anglais ne sont plus les mêmes et veulent qu'on le sache.

Noyé dans un pogo continu au beau milieu de la fosse, l'enchaînement de "Brianstorm", "The View From The Afternoon" et du monumental "I Bet You Look Good On The Dancefloor" nous laisse lessivé et euphorique. On cherche vainement de l'air sur  l'explosive "Library Pictures". "Evil Twin" - face B musclée de "Suck It And See" - et la bourrine "Brick By Brick" finissent de nous achever.


La suite des évènements, plus variée ("This House Is A Circus", "Pretty Visitors" (avec un cinquième homme à l'orgue), "She's Thunderstorms" ("celle-ci est pour les filles !" décrète Alex Turner) et "Do Me A Favour"), montre Arctic Monkeys dans toute sa complexité et sa diversité.

La soirée se termine par un rappel cinq étoiles : "Suck It And See", splendide ballade portant la marque Turner, "Fluorescent Adolesent", tube certifié qui nous ramène cinq ans en arrière, en plein été 2007, et l'incontournable et impressionnante "505" (pour laquelle Miles Kane, heureux comme un gosse, se joint à ses potes), qui clôt tous les concerts du groupe depuis la seconde tournée.

Depuis leurs débuts, les Arctic Monkeys ne cessent de progresser et nous surprendre. L'évolution physique de leur chanteur (banane y compris) est un parfait étalon du chemin parcouru. Que reste-t-il en effet de l'oisillon chétif et boutonneux des débuts ? Caché derrière sa tignasse lors de la tournée Humbug, Turner parade aujourd'hui dans son perfecto (piqué à Miles Kane semble-t-il), transpire le charisme et la confiance en soi. Pour preuve, outre cet excellent concert, il réalise deux exploits : se recoiffer sur scène avec un peigne sans avoir l'air con et porter un col roulé avec classe.

Dicton de la soirée : température polaire et singes arctiques font bon ménage.

PS : Au petit jeu des différences entre les setlist (quasiment identiques) des trois concerts parisiens, celui de l'Olympia est déclaré vainqueur. Outre "Little Illusion Machine (Wirral Riddler)" avec Miles Kane (joué aussi au Zénith), la salle du Boulevard des Capucines a eu le privilège d'accueillir l'excellentissime Richard Hawley sur "You And I" (face B de "Black Treacle"). Même si le titre n'est pas franchement mémorable, voir Alex Turner et Richard Hawley en même temps sur scène reste un moment privilégié.

Setlist Arctic Monkeys :

01  Don't Sit Down 'Cause I've Moved Your Chair
02  Teddy Picker
03  Crying Lightning
04  The Hellcat Spangled Shalalala
05  Black Treacle
06  Brianstorm
07  The View From The Afternoon
08  I Bet You Look Good On The Dancefloor
09  Library Pictures
10  Evil Twin
11  Brick By Brick
12  This House Is A Circus
13  Still Take You Home
14  Pretty Visitors
15  She's Thunderstorms
16  Do Me A Favour
17  When The Sun Goes Down
Rappel 1
20  Suck It And See
21  Fluorescent Adolesent
22  505


Le concert à l'Olympia filmé :

dimanche 29 janvier 2012

The Black Keys (Zénith, 25 Janvier 2012)



Carton rock des derniers mois, The Black Keys débarquent en France fin janvier, forts de deux albums épatants en autant d'années. Leur tournée est "sold out" partout où ils passent. Leurs noms sont sur toutes les lèvres - et sur toutes les couvertures de magazines. Bref, la consécration semble en bonne voie pour le duo d'Akron. Acquis à la force du médiator après dix années passées à écumer les petites salles aux quatre coins du monde, ce succès amplement mérité fait plaisir à voir (même s'il faut bien avouer que la concurrence ne fait pas rage).

C'est donc dans les Zénith que se produisent désormais Dan Auerbach (guitare/chant) et Pat Carney (batterie). Après Lille hier, les voilà à Paris, désormais accompagnés d'un deuxième guitariste et d'un clavier. En attendant notre pression au bar nous entendons la fin du set de Portugal The Man (et notamment l'excellent single "So American"), groupe prometteur qu'il faudra revoir.

"Howlin' For You" est jouée d'entrée. Batterie militaire, riff ciselé et refrain repris en choeur : le ton est donné. De manière prévisible, les titres de Brothers et El Camino constituent l'essentiel de la setlist. En une poignée de chansons imparables ("Sister", "Gold On The Ceiling", "Strange Times", "Run Right Back", "Dead And Gone"), le duo marque son territoire et prouve qu'il a les épaules pour séduire les grandes salles. Le public n'a d'ailleurs aucun mal à se laisser convaincre, sautille allègrement et donne de la voix sur chaque refrain. Plus appliqués que déchaînés, les Black Keys déroulent.

Après une entrée en matière calibrée mais à l'efficacité indéniable, on assiste à un tout autre concert. Les deux musiciens additionnels quittent la scène, laissant Dan Auerbach et Pat Carney remonter le cours de leur histoire. La bride est lâchée, les deux comparses s'en donnent à coeur joie, Dan se fendant notamment de quelques jolis solos. Si la qualité des mélodies reste inférieure aux titres les plus récents du duo, cet intermède de quatre morceaux offre au Zénith un pur moment de rock & roll.

La suite du concert est plus convenue et inégale. Surtout, à mesure que la soirée avance, quelques faiblesses apparaissent clairement : les morceaux finissent par se ressembler un peu (ici et là, on n'est pas loin de la formule), le jeu de batterie de Pat Carney s'avère trop stéréotypé et ne soutient pas la comparaison avec l'inventivité de Dan Auerbach à la six cordes. Ce dernier, également excellent chanteur, s'impose sans conteste comme la véritable force motrice du duo. The Black Keys aurait aussi pu s'épargner le coup de la boule à facette ou du nom du groupe qui clignote en fond de scène sur le dernier titre - Coldplay ou les Hives font ça très bien.

On ressort de la salle avec un sentiment mitigé. Malgré de vrais moments enthousiasmants (ne serait-ce que pour "Lonely Boy", la soirée valait le détour), un travail bien fait, une setlist construite intelligemment (les Black Keys commencent à avoir une belle petite collection de tubes), les riffs explosifs en pagaille, ce concert nous laisse un peu sur notre faim. Le plus dur commence peut-être pour les Black Keys : parvenir à conserver leur crédibilité rock indé tout en creusant la brèche qu'ils ont fraîchement ouverte vers le succès planétaire. Jusqu'ici l'équilibre est parfait, mais on croise les doigts pour que dans le futur, les Black Keys ne fassent pas un pas de plus vers le mainstream.

Setlist The Black Keys :

01  Howlin' For You
02  Sister
03  Gold On The Ceiling
04  Strange Times
05  Run Right Back
06  Dead And Gone
07  Thickfreakness
08  Girl Is On My Mind
09  I'll Be Your Man
10  Your Touch
11  Little Black Submarines
12  Nova Baby
13  Next Girl
14  Chop And Change
15  Money Maker
16  Ten Cent Pistol
17  Same Old Thing
18  Tighten Up
19  Lonely Boy
Rappel 1
20  Everlasting Light
21  She's Long Gone
22  I Got Mine

Lire l'article sur Froggy's Delight.

mardi 27 décembre 2011

Best Of 2011 (1-20) : LES INCONTOURNABLES


La Playlist Deezer :


The Black Keys "El Camino"
Parce qu'on a visionné une centaine de fois le clip de "Lonely Boy" et c'est toujours aussi bon. Parce qu'El Camino devrait être remboursé par la sécurité sociale. Parce que ça faisait un moment qu'un disque ne nous avait pas autant donné envie de sauter dans tous les sens.

Miles Kane "Colour Of The Trap"
Parce que "Come Closer" et "Rearrange". Parce qu'en 2011, à part Alex Turner, on ne voit pas de songwriter anglais de cet acabit. Parce que les Last Shadow Puppets n'étaient pas un feu de paille. Parce que la tradition pop liverpuldienne a de beaux jours devant elle.

Arctic Monkeys "Suck It And See"
Parce qu'on ne donnait pas chez de leur peau à leurs débuts et qu'on s'est planté en beauté. Parce que plus on écoute Suck It And See plus on l'aime. Parce qu'à chaque album les anglais deviennent de plus en plus passionnants. Parce que même avec sa nouvelle coupe de cheveux, Alex Turner a la classe. Parce que depuis leur passage chez Josh Homme, les anglais ont pris une autre dimension.

Anna Calvi "Anna Calvi"
Parce qu'on a toujours rêvé d'entendre une torero anglaise chanter comme Patti Smith ou PJ Harvey. Parce que quelle voix ! Parce qu'on pense que c'est une future grande.

Danger Mouse & Daniele Luppi "Rome"
Parce que tout ce que touche Danger Mouse se transforme en or (Gnarls Barkley, Gorillaz, Broken Bells, Black Keys, Beck, Sparklehorse). Parce que Jack White et Norah Jones n'ont peut-être jamais aussi bien chanté. Parce que les mélodies et les arrangements de corde sont superbes. Parce qu'on s'attend à voir surgir Clint Eastwood à tout moment.

Stephen Malkmus & The Jicks "Mirror Traffic"
Parce qu'il n'y a rien à jeter sur cet album. Parce que le chant décontracté de Stephen Malkmus. Parce qu'après plus de vingt ans de carrière, Stephen Malkmus est au top de sa forme.

Wild Beasts "Smother"
Parce qu'on avait adoré Two Dancers et que Smother est tout aussi bon. Parce que si on arrive à passer outre le chant maniéré, on découvre un trésor de mélodies et d'émotions.

Wilco "The Whole Love"
Parce que Wilco, c'est comme le bon vin, ça s'améliore avec l'âge. Parce que les américains jonglent avec les styles avec une dextérité peu commune. Parce que The Whole Love est passionnant de bout en bout.

Metronomy "The English Riviera"
Parce que malgré toute l'agaçante hype qui entoure Metronomy, on aime The English Riviera. Parce que "Everything Goes My Way" est devenue notre sonnerie de portable. Parce que Metronomy a ensoleillé notre été. Parce que "The Bay" est une chanson parfaite.

WU LYF "Go Tell Fire To The Mountain"
Parce que dès les premières notes, ça saute aux oreilles : Go Tell Fire To The Mountain a été enregistré avec les tripes. Parce que WU LYF ne fait pas semblant. Parce que leur musique ne ressemble à aucune autre et rien que pour ça on les remercie. Parce qu'on attend la suite avec impatience.

The Horrors "Skying"
Parce qu'on n'aime pas les synthés mais on aime Skying : les chansons doivent vraiment être bonnes. Parce qu'après l'excellent Primary Colors, The Horrors s'impose comme un groupe-caméléon de première catégorie.

Little Dragon "Ritual Union"
Parce que le chant sensuel de Yukimi Nagano. Parce que Ritual Union est la parfaite bande son de nos plaisirs nocturnes. Parce qu'à la surenchère de production souvent de mise, Little Dragon préfère un minimalisme judicieux et efficace.

Liam Finn "Fomo"
Parce que Liam Finn prouve une nouvelle fois qu'il est capable d'envolées pop remarquables. Parce qu'avec une production plus léchée, Fomo met la barre encore plus haut qu'I'll Be Lightning. Parce que Liam Finn s'affranchit enfin de l'ombre pesante d'Elliott Smith qui planait sur son premier album.

François & The Atlas Mountain "E Volo Love"
Parce qu'on veut bien être "les plus beaux". Parce qu'E Volo Love est un voyage paisible et lumineux. Parce que même l'accent anglais à couper au couteau du chanteur ne rompt pas le charme de l'album. Parce que cocorico ! François & The Atlas Mountain signe le plus joli disque français de l'année.

Noel Gallagher "Noel Gallagher's High Flying Birds"
Parce que maintenant on sait lequel des deux frangins a un cerveau (on s'en doutait légèrement). Parce que le match par album interposé met Beady Eye au tapis. Parce que dans le rayon pop, Noel fait preuve d'un savoir-faire qui lui permet de la ramener. Contrairement à d'autres. Parce qu'on avait un peu peur de la suite après le divorce-pugilat d'Oasis, mais l'aîné Gallagher signe un des tous meilleurs albums de 2011.

Connan Mockasin "Forever Dolphin Love" 
Parce que Forever Dolphin Lovetrip à mi-chemin entre rêve et cauchemar, est l'OVNI de l'année. Parce que l'album est peuplé de sons bizarres, de voix étranges, de riffs hypnotiques qui forment un tout miraculeusement cohérent et magique.

Girls "Father, Son, Holy Ghost"
Parce qu'on est jaloux de leur nom. Parce que Girls parle beaucoup (surtout ?) de filles et on aime les gens logiques. Parce que Girls écrit de splendides chansons, mille-feuilles mélodiques aux sentiments exacerbés. Parce qu'ils nous rendent heureux en chantant leur désarroi.

General Elektriks "Parker Street"
Parce qu'après le succès mérité de l'excellent Good City For Dreamers, la suite est à la hauteur de nos espérances. Parce qu'Hervé Salters est passé maître dans l'art du groove tranquille. Parce qu'au lieu d'opter pour un enchaînement de singles qui lui aurait ouvert les portes des radios, Hervé Salters signe un vrai album, dense et enthousiasmant. Parce qu'on aimerait jouer du clavier comme lui.

Crocodiles "Sleep Forever"
Parce que la noirceur leur va si bien. Parce qu'en provoquant une collision entre shoegaze et pop, Crocodiles a sans doute trouvé sa formule magique. Parce que Sleep Forever est l'album que les Black Rebel Motorcycle Club n'ont pas réussi à enregistrer après Baby 81.

Black Lips "Arabia Mountain"
Parce que d'entrée, on se prend en plein poire "Family Tree", hymne survolté et euphorisant. Parce qu'a priori on ne voyait pas bien le rapport entre les américains excités du ciboulot et Mark Ronson (qui a produit l'album). Le résultat leur donne raison. Parce que même si légèrement assagis (le son lo-fi n'est plus de mise), les Black Lips demeurent de redoutables garage-rockeurs. Parce que même trop long, Arabia Mountain comporte un grand nombre de refrains débiles mais diablement efficaces.

Best Of 2011 (21-40) : LES COUPS DE COEUR


La Playlist Deezer :



Beirut "The Rip Tide"
Parce qu'on n'avait pas vraiment accroché avec les précédents albums. Parce qu'on a immédiatement été séduit par The Rip Tide. Parce qu'en injectant de la pop dans sa fanfare, Zach Condon a vu juste.

Peter, Bjorn & John "Gimme Some"
Parce que les suédois n'ont jamais sonné aussi sexy. Parce que Peter, Bjorn & John ne se résument pas aux sifflotements de "Young Folks". Parce que Gimme Some est un concentré d'énergie positive.

Raphael Saadiq "Stone Rollin'"
Parce que même si Stone Rollin' n'est pas au niveau de The Way I See It, Raphael Saadiq n'a pas d'égal quand il s'agit de revisiter la soul 60's avec verve et passion.

Alice Lewis "No One Knows We're Here"
Parce que le disque est aussi beau que sa pochette est affreuse. Parce que pour une fois les meilleures chansons sont en fin d'album.

The Antlers "Burst Apart"
Parce que pas forcément convaincu au départ, on a quand même insisté. On a eu raison. Parce que si on se laisse porter par cette musique, elle peut nous emmener très loin. Parce que la pochette est vraiment très belle

The Strokes "Angles"
Parce qu'on l'a tellement attendu. Parce que même avec le moins bon de leurs 4 albums, les Strokes restent un groupe à part. Parce qu'Angles nous a au moins appris une chose : il est possible d'enregistrer un album sans s'adresser la parole. Parce que même en pleine crise existentielle, les New-Yorkais parviennent à sortir un bon disque. Parce que Julian Casablancas.

Theophilus London "Timez Are Weird These Days"
Parce qu'il n'est pas courant d'entendre des premiers albums de cette trempe. Parce que comme son nom l'indique, Theophilus est New-Yorkais. Parce que Timez Are Weird These Days brasse les styles avec succès (hip-hop, R&B, soul, pop, électro).

The Phoenix Foundation "Buffalo"
Parce que à l'autre bout de la planète aussi on fait de la bonne musique. Parce qu'on traverse ce disque la tête dans les nuages ("Eventually", "Skeleton", "Bailey's Beach", "Wonton").

An Pierle & White Velvet "Hinterland"
Parce que depuis Helium Sunset (2002) on avait un peu perdu de vue la belge qui joue du piano assise sur un gros ballon. Parce qu'on la retrouve au sommet de sa forme.

The Kills "Blood Pressures"
Parce qu'après les sommets de Midnight Boom, Jamie Hince et Alison Mosshart avaient beaucoup à perdre. Sans atteindre l'excellence du précédent album, ils ne déçoivent pas. Parce que leur rock fiévreux et sale est toujours aussi efficace. Parce que les miaulements lascifs d'Alison font toujours autant d'effet. Parce que même un mariage avec Kate Moss n'a pas eu raison du groupe.

The Vaccines "What Did You Expect From The Vaccines ?"
Parce que "Wreckin' Bar (Ra Ra Ra)" et "Post Break-Up Sex" sont justes parfaites. Parce que What Did You Expect From The Vaccines ? (bien trouvé le titre) est l'une des meilleures livraisons rock de l'année.

The Drums "Portamento"
Parce qu'à part "Let's Go Surfing" et 2-3 autres titres, on n'avait pas vraiment compris l'engouement autour du premier album des américains. Parce que cette fois-ci, The Drums met la barre bien plus haut : Portamento est un chouette album.

Gillian Welch "The Harrow & The Harvest"
Parce que Gillian Welsh pourrait nous hypnotiser rien que par le son de sa voix. Parce que depuis les débuts d'Alela Diane on n'avait pas entendu d'album folk de cette envergure.

Nicole Atkins "Mondo Amore"
Parce que dans le rayon "chanteuse à voix qui dépote", Nicole Atkins est notre préférée. Parce que oui, ça manque parfois de retenue, oui, c'est par moment cul-cul, mais les mélodies sont tellement belles qu'on passe outre. Parce que "Hotel Plaster" n'a pas grand chose à envier à la sublime "Video Games" de Lana Del Rey.

My Morning Jacket "Circuital"
Parce que même si Z demeure insurpassable, Circuital est un très bon cru de MMJ. Parce que leur rock atmosphérique hautement inspiré continue de fasciner. Parce que le chant haut perché de Jim James, suspendu en l'air, est la marque de fabrique du groupe. Parce que le nom un poil crâneur de son projet parallèle (Monsters Of Folk) n'est peut-être pas complètement usurpé.

Selah Sue "Selah Sue"
Parce que Selah Sue parvient à insuffler un peu de fraîcheur à un courant ultra balisé ces dernières années (Nneka, Patrice, Ayo). Parce la jeune belge est très convaincante en concert. Parce qu'un featuring de Cee-Lo Green sur son album c'est la classe.

Blood Orange "Coastal Grooves"
Parce que le parti pris d'un groove rugueux et d'arrangements minimalistes s'avère au final judicieux. Parce que "Sutphin Boulevard" est peut-être la chanson la plus cool entendue en 2011.

Cass McCombs "Wit's End"
Parce que "County Line", langoureux à souhait, est LE slow de l'année. Parce que Wit's End est un disque triste qui fait se sentir mieux. Parce que si vous êtes en manque de belles mélodies, ne cherchez plus, vous avez trouvé.

Cults "Cults"
Parce que même enrobé de quelques couches de caramel, la pop bien faite c'est quand même vachement sympa. Parce que même s'il y a encore du chemin pour qu'ils soient cultes, Cults signe un des disques les plus enthousiasmants de l'année, véritable rayon de soleil à l'enthousiasme contagieux.

Timber Timbre "Creep On Creepin' On"
Parce que dans le domaine du folk crépusculaire, Timber Timbre est passé de parfait inconnu à maître incontesté en l'espace de deux ans. Parce que même une fois le choc du précédent album passé, on reste sous le charme de cette musique envoûtante. Parce que Taylor Kirk a vraiment une voix à tomber.

Best Of 2011 (41-60) : LES BELLES REUSSITES


La Playlist Deezer :



Findlay Brown "Love Will Find You"

Cascadeur "The Human Octopus"

Butcher The Bar "For Each A Future Tethered"

Feist "Metals"

Camille "Ilo Veyou"

Keren Ann "101"

The Dears "Degeneration Street"

Portugal The Man "In The Mountain In The Cloud"

Fruit Bats "Tripper"

Gruff Rhys "Hotel Shampoo"

Alela Diane "Alela Diane & Wild Divine"

Art Brut "Brilliant! Tragic!"

Baxter Dury "Happy Soup"

Jenny And Johnny "I'm Having Fun Now"

The Rapture "In The Grace Of Your Love"

Real Estate "Days"

Piers Faccini "My Wilderness"

Veronica Falls "Veronica Falls"

Jonathan Wilson "Gentle Spirit"

Thurston Moore "Demolished Thoughts"