Les années passent et Alex Turner continue de pondre les albums à un rythme effréné (quatre en trois ans en comptant The Age Of The Understatement des Last Shadow Puppets) tout en mettant la barre un peu plus haut à chaque fois. Après la splendide réussite de son projet en compagnie de Miles Kane (chanteur du groupe anglais The Rascals) l'an dernier, l'attente concernant ce nouveau Arctic Monkeys était énorme. On n'est pas déçu. De l'eau a coulé sous les ponts depuis 2006 : les ados boutonneux et impertinents de Whatever People Say I Am, That's What I'm Not sont désormais de jeunes hommes. Ce qui se traduit par plus d'assurance et de maîtrise, plus de prises de risques, plus de puissance, plus de cheveux, plus... de tout, en fait.Certes, le son d'Arctic Monkeys reste immédiatement identifiable. Il n'y a pas de changement en profondeur, les quatre lads de Sheffield ne se sont pas découvert une vocation pour la musique traditionnelle tibétaine. Mais sous la houlette du King Of The Stone Age, ils ont opéré un ravalement de façade. On retrouve les mêmes ingrédients (la gouaille jubilatoire d'Alex Turner et son jeu de guitare si particulier, l'abattage impressionnant de la batterie, les riffs de guitare martelés) mais réassaisonnés à la sauce piquante ("Crying Lightning", "Dangerous Animals", "Potion Approaching").
Humbug n'accuse aucune faiblesse et reste passionnant de la première à la dernière note. "Secret Door" est à cette heure la meilleure chanson jamais écrite par le groupe, avec une mélodie à faire fondre les coeurs les plus insensibles et de superbes arrangements de cordes. Ils ont réussi à trouver ici la parfaite alchimie entre l'entrain, l'évidence et la superbe de "Fluorescent Adolescent" et la grâce, la légereté et la sensibilité d'"Only One Who Knows". "Cornerstone" est de la même veine et montre également les bienfaits de la parenthèse Last Shadow Puppets. Il y a fort à parier que les refrains de "Crying Lightning" et "Dangerous Animals" risquent de faire tourner plus d'une tête. "Potion Approaching", "Dance Little Liar" et "Fire And The Thud" nous donnent l'impression d'être projeté en plein western. L'air du désert semble leur avoir donné des (bonnes) idées. Le disque se finit par "Pretty Visitors", de facture plus classique et "The Jeweller's Hands", délicieuse curiosité qui prouve que les anglais ont bel et bien franchit une étape et jouent à présent dans la cour des grands.

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